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Mot de passe perdu?

Le Grand Escalier

Le Grand Escalier >> Monde Magique >> Poudlard et ses environs

Old Woods, Old Hunger
Chroniqueuse Gryff'Time
Little Nightmare
Miss Poudlard12 2026
[Avatar]
Gryffondor
4e année
Titre : Old Woods, Old Hunger
Créé : 03/05/2026 à 09:22:05 - Modifié : 05/05/2026 à 11:59:04

OLD WOODS, OLD HUNGER
Emily Andrews & Wilhelmina Bronner
N'hésitez pas à nous MP pour quoique ce soit.

La Mort, La Lune, Le Jugement, le Fou, le Soleil.

Ce matin-là, le solstice d'été s'était levé en même temps que le soleil.

Avec lui se baladaient dans l'air les effluves d'un bouleversement subtil à l'ordre du jour qui n'attendaient qu'à être humées. Un œil aguerri aurait même remarqué la manière différente qu'avaient les arbres de s'étirer vers le ciel, la rosée de glisser des pétales d'une fleur anonyme non loin, et le vent de courir sur les parterres verts d'un été tout fièrement né.

Presque tout cela avait échappé à Emily Andrews, comme au commun des sorciers s'étant réveillé ce jour-là. Seule une sensation étrange, quelque chose d'intimement lové dans sa poitrine, l'amena à remettre en cause l'apparente simplicité de la journée qui venait de commencer.

Face à ce problème, la divination lui murmura quelques indices. (D'une manière assez paradoxale, la prodige s'était enamourée d'un art qui n'avait jamais su lui donner les réponses attendues, une fois ses questions posées... L'influence de Van Green sur les rouge et or était, du reste, manifeste.)

Elle mélangea les cartes, puis les piocha en croix, en arbre, de succès. Un tirage, surtout, lui revint sans cesse : La Mort, la Lune, Le Jugement, Le Fou, le Soleil. Toutes les cartes dessinaient, sur les lignes d'un futur incertain, l'ombre d'un phénomène qui ne tarderait pas à venir. Leurs images parlaient de secrets arrachés à l'obscurité et de changements capables de remodeler l'avenir... Mais elles portaient aussi, en filigrane, un avertissement : que l'on surestime ses propres capacités, et la mort sonnerait.

Dans un premier temps, la Andrews ne s'y attacha pas plus que cela; stupidement, peut-être. Tout était, après tout, phénomène voué à advenir, comme carte tirée d'un deck sans nom, personnel à chacun. (Surtout, tous les tirages menaient toujours, inévitablement, au présage d'une mort lente et douloureuse.)

Une fois ses cartes mises de côté, leur interprétation comprise sans être internalisée, la jeune fille rangea ses effets personnels dans sa malle avant de se diriger hors du dortoir. Elle caressa ses chats, enviant avec tendresse leur état permanent de zénitude; se permit de gronder avec humour les rouge et or qui bloquaient le portrait de la Grosse Dame avec un karaoké matinal; et se prit un petit-déjeuner salé, avant d'ouvrir son courrier. Sa routine prenait les mêmes couleurs et odeurs qu'à l'usuel, sans que son tirage ne semble trouver forme dans autre chose qu'un verre brisé qui avait mené à un "oh-laaaa" général dans la Grande Salle.

*
* *

Ce n'était, bien entendu, que le calme avant la tempête. Les écueils à sa routine bien ficelée se produisirent en réalité lors de son premier cours de la journée.

Les deux heures de Métamorphose n'étaient jamais très longues, souvent du fait de la pratique laissée sans restriction aux étudiants de quatrième année. Les sortilèges de transfert, notamment, avaient fait l'objet d'une grande attention de la part des professeurs, inscrits au programme des BUSEs qui approchaient à grands pas. Les élèves s'y étaient habitués, et rares étaient ceux qui échouaient désormais à l'exercice consistant à transférer les attributs d'un objet à un autre de la manière la plus parfaite qui soit.

Personne ne s'attendait donc au désastre qui allait se produire.

Le chaos éclata dès que sonna l'heure de la pratique.
Une baguette trembla dans la main assurée d'une Serpentard connue pour parfaitement maîtriser ce genre de sortilèges. Le sort qu'elle lança sembla pourtant hésiter dans l'air un instant, avant d'exploser en une gerbe de lumière et de chaleur que son lanceur, interdit, contempla sans comprendre. D'autres suivirent, en cascade : les sortilèges ricochetaient sur les murs en fontaines d'étincelles, traversaient les airs en laissant des sillages de fumée et semblaient chercher des surfaces à transformer avec une avidité qui n'avait plus rien à voir avec l'intention de quiconque.

Face aux cris et aux chaises renversées, plus rien ne prenait sens. Quelqu'un se retrouva les oreilles couvertes de piques de cactus acérés et poussa un hurlement de surprise. Une table s'affaissa lentement sur elle-même, à moitié transformée en cire. Même les élèves qui avaient renoncé à lancer quoi que ce soit virent leurs baguettes tressaillir entre leurs doigts, comme parcourues d'une énergie qui refusait de rester contenue.

Le professeur intervint rapidement pour éviter une dégringolade supplémentaire dans les abîmes d'un brouhaha impossible à faire taire; mais même son Finite Incantatem eut un effet démultiplié. Tous les sorts se turent, depuis celui qui avait allumé les bougies de la salle jusqu'à celui qui avait fait apparaître les objets à métamorphoser, en passant par le sort qui avait permis de ranger les chaises hors de l'espace d'entraînement.

La salle se retrouva plongée dans un silence et une obscurité presque totales.

Mily, qui avait failli se faire embrocher par un pique de cactus géant ayant pris la place d'un mouchoir, observa la scène, les sourcils froncés. Elle remercia les Cieux, surtout, de ne pas avoir eu sa baguette près d'elle à l'instant; même si elle sentit, au plus profond d'elle-même, que sa magie répondait aux échos de celles d'autres.

Seulement là lui revint son tirage matinal, à la tête duquel la Mort lui avait souri.

*
* *


L'incident n'était pas isolé à la seule classe de Métamorphose des Gryffondor et Serpentard, mais, chose bien surprenante, au château tout entier. Les rangs de l'Infirmerie, à la suite de ce qui semblait être un excès de magie affectant l'ensemble des sorciers présents sur les terres de Poudlard, professeurs et élèves confondus, avaient connu leur plus grand afflux depuis la dernière guerre. Seuls les elfes de maison, dont la magie obéissait à d'autres lois, étaient assez puissants pour faire face à cette série de catastrophes. Ils s'y attelèrent sans relâche, lançant à la place des sorciers un ensemble de sortilèges de soins informulés.

Les cours avaient été annulés pour le reste de la journée, et la magie jugée trop forte strictement prohibée sur ordre du Directorat. Nul besoin de punition pour quiconque aurait osé transgresser la règle : bien souvent, le sortilège lancé se retournait immédiatement contre son auteur.

Mily se dirigea sans plus tarder jusqu'à la Bibliothèque.

Les cartes l'avaient prévenue; mais il lui semblait que quelque chose de bien plus grand que le simple excès de magie dont ils semblaient tous souffrir était sur le point de se produire. Sa curiosité morbide prit dès lors le dessus sur tout instinct de survie (à supposer qu'elle en eût jamais possédé un).

Se rendre jusqu'à la Bibliothèque fut moins un raisonnement qu'un réflexe. Quelque part dans l'architecture dense de sa mémoire, quelque chose s'était mis à vibrer : un mot appelant un autre mot, une image en convoquant une autre, jusqu'à former le contour flou de quelque chose qu'elle avait lu, un jour, au sujet d'un excès de magie. Elle n'aurait su dire dans quel livre, ni même si elle l'avait vraiment lu ou seulement feuilleté; mais sa mémoire, qui ne lui avait jamais fait la grâce d'oublier quoi que ce soit, ne vibrait pas pour rien.

Elle feuilleta de nombreux livres et s'approcha d'encore bien plus de rayons. La rouge et or ne savait plus précisément ce qu'elle cherchait, entre les mots calligraphiés de vieux contes et d'anciens traités magiques. Ses yeux s'éreintèrent à lire, page après page, sans jamais s'accrocher à quoi que ce soit qui pût expliquer le phénomène... jusqu'à tomber sur la légende.

Au solstice, les nymphes font leur ronde,
Nouant les fils du lieu pour retenir ce qui gronde.
Malheur ! Au cercle qui se brise avant le premier soir,
La magie débordera alors, sourde aux désespoirs.
Dansez, filles de l'ombre, dansez sans vous arrêter;
Une fissure suffit à défaire une année.

La Gryffondor s'attarda longuement sur ces mots, les répétant en boucle dans son esprit. Elle les reconnut aussitôt pour ceux qu'elle cherchait, inconsciemment, comme un signe intérieur enfin mis en forme.

Elle claque le livre après quelques secondes de réflexion.

Il lui fallait aller dans la Forêt Interdite.
cr. img. warren b. davis - women dancing in a circle

A.H.O.P. PROPAGANDE
Joueuse de Quidditch
Apprentie
Miss Poudlard12 2026
[Avatar]
Serpentard
5e année
Titre : Re : Old Woods, Old Hunger
Créé : 08/05/2026 à 19:39:38

Ce cours de Métamorphose avait mal commencé bien avant que les sortilèges ne se mettent à partir dans tous les sens. Il y avait quelque chose dans la texture de l'air, ce matin-là, qui ne ressemblait pas tout à fait à un matin ordinaire. Rien de précis, rien que l'on aurait pu désigner du doigt. Willow avait noté la chose, l'avait rangée quelque part entre "à surveiller" et "probablement rien", et était passée à autre chose.
L'incident lui avait donné ensuite raison. Ce qui ne lui avait procuré aucun plaisir particulier. Elle n'avait pas sorti sa baguette. Elle avait regardé le chaos se déployer d'un bout à l'autre de la salle avec l'attention froide de qui cherche la mécanique avant les conclusions. Les sorts avaient ricoché sur les murs, laissé des sillages de fumée dans l'air, heurté des surfaces que personne n'eut visées - et c'était cela qui la retenait, précisément : l'absence d'intention lisible derrière tout cela. Comme si la magie n'attendait plus personne pour se décider. Ce n'était pas de la fascination. C'était plus profond et moins agréable que cela ; quelque chose en elle qui se mettait à vibrer en écho, sans qu'elle l'ait voulu. Sa propre magie qui frémissait aux bords, presque à son insu. À côté d'elle, quelqu'un se retrouva les oreilles couvertes de piques de cactus et poussa un hurlement ; elle l'entendit à peine.
Cela ne lui plaisait pas.

Quand le
Finite Incantatem - d'une ampleur étrangement démesurée - du professeur Rookwood avait éteint même les bougies et plongé la salle dans le noir, quelque chose s'était mis en ordre dans sa tête. Pas un soulagement ; une mise au point. Elle savait ce que c'était. Enfin - il serait peut-être plus correct de dire qu'elle savait qu'elle le savait. Ce genre de certitude-là, floue mais tenace, elle avait appris à ne pas l'ignorer.


Le souvenir remonta pendant qu'elle traversait le couloir vers la bibliothèque : un livre de folklore sur les lieux de seuil, lu deux ans plus tôt par curiosité un peu désœuvrée, à moitié oublié depuis. Une légende parmi d'autres, six lignes coincées entre un passage sur les feux follets et un autre sur les cercles de pierres. Elle n'y avait pas accordé plus d'attention que cela à l'époque ; c'était le genre de chose qu'on lisait, que l'on trouvait vaguement intéressant, et que l'on rangeait dans un coin de mémoire sans étiquette.
"Une fissure suffit à défaire une année." C'était bien la seule ligne dont elle se rappelait présentement.

Elle retrouva le livre sans trop de mal : avec son dos en cuir brun, sa dorure effacée, il était rangé dans la deuxième étagère en partant du bas, dans la section folklore. Le chapitre s'ouvrit presque de lui-même à la bonne page, comme s'il l'avait attendue. Elle relut la légende une fois, méthodiquement, pour s'assurer que sa mémoire n'avait rien arrangé à son avantage.
La vipère resta un moment les yeux sur la page, moins pour relire que pour laisser les pièces se mettre en place.


Au solstice, les nymphes font leur ronde,
Nouant les fils du lieu pour retenir ce qui gronde.
Malheur ! Au cercle qui se brise avant le premier soir,
La magie débordera alors, sourde aux désespoirs.
Dansez, filles de l'ombre, dansez sans vous arrêter ;
Une fissure suffit à défaire une année.

Et si le cercle s'était rompu - si quelque chose, ou quelqu'un, l'avait brisé avant l'heure - alors ce qui se passait depuis ce matin n'était pas un accident. C'était une conséquence. Elle n'aimait pas les conclusions hâtives, mais celle-là semblait s'imposer avec une logique difficile à contourner. Elle referma le livre avec soin, le remit à sa place attitrée, et récupéra son sac en cuir au pied de sa chaise.

Ce n'était habituellement pas son genre de prendre une légende au pied de la lettre, loin de là. Elle avait toujours eu peu de patience pour ce qui ne se laissait pas vérifier, mesurer, démontrer. Willow avait toujours été quelqu'un de très terre-à-terre - finalement, comme son père, lequel lui rigolerait bien au nez s'il savait ce qu'elle s'apprêtait à faire. Les histoires de nymphes et de cercles brisés, dans d'autres circonstances, auraient en effet inspiré à la Serpentard un scepticisme poli au mieux. Mais les circonstances n'étaient pas ordinaires, et quelque chose - qu'elle n'aurait pas su nommer, encore moins expliquer - la poussait vers la sortie avec une conviction qui n'avait rien de rationnel. Elle décida de ne pas trop y réfléchir.

La bibliothèque était silencieuse. Il y avait deux ou trois élèves épars, la tête dans leurs notes. Personne ne semblait avoir eu la même idée.



La lisière de la Forêt interdite marquait l'endroit où la lumière cessait de se comporter normalement - absorbée par les troncs plutôt que filtrée, renvoyant une demi-obscurité permanente même en plein soleil d'été. Willow s'y arrêta le temps d'un inventaire rapide : ce qu'elle savait, ce qu'elle supposait, ce qu'elle risquait de rencontrer. La Forêt n'était pas interdite par excès de prudence administrative, et elle n'avait aucune illusion là-dessus. Et pourtant elle était là, debout à la lisière, à prendre au sérieux six pauvres lignes de folklore trouvées dans un livre poussiéreux. Elle n'avait toujours pas d'explication satisfaisante pour cela. En y repensant, elle trouvait cela légèrement pathétique, et se surprit à se demander ce qu'elle faisait effectivement là.
Mais elle entra quand même, parce que la théorie tenait, et qu'une théorie qui tenait méritait d'être vérifiée.

L'air changea immédiatement. Il était plus dense, empreint d'une odeur de terre humide et d'humus, de pétrichor, et de quelque chose d'autre en-dessous qu'elle ne sut pas nommer. La lumière ne tombait pas droit entre les arbres ; elle s'étalait, diffuse, comme hésitante. Ses pas, lents mais progressifs, faisaient peu de bruit sur la mousse. Elle avança sans se presser, attentive à chaque variation du sol sous ses semelles, aux craquements qui n'étaient pas les siens, à cette impression persistante d'être dans un endroit qui avait ses propres règles et les appliquait indépendamment de ce que quiconque pouvait en penser.
Ce n'était pas de la peur, à proprement parler. Plutôt une certaine forme d'acuité, avec tous les sens légèrement tendus, la pensée nette, ce calme particulier qui s'installait en elle quand une situation devenait sérieuse et qu'il n'y avait plus de place pour autre chose que l'essentiel. Elle cherchait un cercle, une clairière, des traces au sol, n'importe quoi qui ressemblerait à ce que la légende décrivait. Quelque chose qui aurait dû tenir et ne tenait plus.
Les arbres ne lui facilitaient pas la tâche. La Forêt n'était pas hostile, exactement - plutôt indifférente, avec cette façon qu'avaient les grands espaces sauvages de continuer à exister sans tenir compte de ce que l'on y cherchait.

© Mily la plus belle
Chroniqueuse Gryff'Time
Little Nightmare
Miss Poudlard12 2026
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Gryffondor
4e année
Titre : Re : Old Woods, Old Hunger
Créé : 28/05/2026 à 18:05:44

An eternity later!!!

La Forêt Interdite était un lieu un peu étrange dans lequel s'était aventurée peu de fois la Andrews.

Si l'aventure l'appelait presque à le faire, elle n'avait jamais eu de véritable raison d'y entrer; si ce n'est en première année, lorsqu'elle avait voulu trouver un nid de Porlock, puis en deuxième année en souhaitant imiter les moldus randonneurs.. Oh, et en troisième année aussi, après sa malencontreuse hyperfixation sur les chênes centenaires qui avait mené à de nombreux soucis... et si elle se rappelait bien, un peu plus tôt dans sa quatrième année encore, quand elle avait cru entendre un Botruc en détresse depuis sa fenêtre de dortoir. (Toutes les excuses étaient bonnes.)

Bon, peut-être que la Gryffondor était un peu familière avec la forêt. Du moins ses débuts; elle n'avait pas encore eu d'envie trop urgente de se tuer en s'y aventurant trop loin (Oui, oui.)

Les premières dizaines de mètres, la Gryffondor les connaissait par cœur, don de sa mémoire. Elle s'était énamourée des racines noueuses qui surgissaient en traître du sol moussu, de l'odeur de terre humide et de résine qui collait aux robes, et de la façon dont la lumière se dérobait dès qu'on s'éloignait de la lisière, comme si les arbres se resserraient exprès dans son dos. Ceux-ci la caressaient délicatement de leurs grandes ombres, ombres en forme de toiles d'araignée plus grosses que raisonnables, comme celles qui pendaient entre leurs branches basses. Quelque chose, toujours, observait depuis les fourrés; elle ne savait jamais quoi, et avait décidé depuis longtemps que tant qu'elle ne le savait pas, ça ne pouvait pas vraiment lui faire de mal. Sa fausse naïveté lui servirait toujours.

Son jugement, peut-être pas autant, pour le moment.

Si la légende disait vrai, il lui fallait aider les nymphes à compléter leur ronde. Mais qui avait déjà entendu parler de nymphes dans la Forêt Interdite ? La légende avait tu leur nature exacte. Des nymphes des eaux supposaient une source, un ruisseau, quelque chose de clair et de vivant. Des nymphes des prairies supposaient de la lumière, de l'espace, de l'herbe haute que le vent pouvait coucher. La Forêt Interdite avait des racines qui cherchaient à vous faire trébucher, des branches si enchevêtrées que le ciel disparaissait, et une obscurité qui sentait le bois mort et la terre retournée. Ce n'était pas exactement le tableau.

Surtout, il n'avait pas été très avisé de sa part de se rendre dans la Forêt sa baguette au fond de son sac à dos. Mais il fallait la comprendre : sa magie, dans l'état où elle était depuis le cours de Métamorphose, la terrifiait légèrement. La Andrews avait toujours eu une facilité déconcertante avec elle, oui; mais ce qu'elle ressentait depuis ce matin n'avait plus rien d'une facilité. C'était autre chose. Quelque chose de plus grand qu'elle, qui débordait.
Et la Forêt, visiblement, le savait. Depuis qu'elle avait franchi la lisière, elle sentait sa magie frémir sous sa peau à chaque pas, comme attirée par quelque chose que ses yeux ne voyaient pas encore. Les arbres semblaient plus attentifs. Le silence avait une texture épaisse, habitée.

Peut-être était-ce là le seul indice qu'elle avait trouvé où se trouvait le problème.

Mily fut sortie de sa contemplation par des bruits à sa gauche. Des craquements réguliers, trop espacés pour être accidentels, comme quelque chose qui choisissait soigneusement où poser le pied pour éviter le sol craquelé de la Forêt. Elle fronça les sourcils et se glissa sans bruit derrière le tronc le plus proche, retenant son souffle. Quelqu'un l'avait suivie ? Ou était-ce là le fautif du cercle brisé, cherchant à disparaître avant d'être trouvé ?

Elle resserra les doigts dans son poing.

Ce fut une erreur. De petites étincelles lui mordirent la paume comme un électrochoc, et elle laissa échapper un « Aïe ! » sonore avant d'avoir pu l'en empêcher.

Le son se répercuta entre les arbres avec une clarté indécente. Elle ferma les yeux une seconde, consternée. Ce n'était pas de sa faute si sa magie avait décidé de la trahir au pire moment possible. Ce n'était pas de sa faute du tout.

Elle rouvrit les yeux.

La chose, quelle qu'elle soit, s'était immobilisée.
Mily n'attendit pas de savoir ce qu'elle allait faire ensuite.

Elle bondit sur elle.

A.H.O.P. PROPAGANDE

Le Grand Escalier >> Monde Magique >> Poudlard et ses environs

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